Une pharyngyte, des macrolides, 4 bains, 3,6 g d’ibuprofen, aucun humain réel vu/croisé/touché, un médecin qui me prend en rendez-vous à 19h30 et me parle cinéma, Suisse (mais manque de m’étrangler avec mon sautoir) et s’extasie sur mon pharynx (« oh la vache c’est vraiment inflammé, vous devez avoir mal »), un pharmacien qui court chercher mes médicaments dans une pharmacie voisine parce qu’il n’en a plus (court littéralement avec ses petites jambes tels un super-héros au service de la veuve et de l’orphelin, ou de la fille larmoyante dans son officine), quelques mails pleurnichards échangés, un legging, des chaussons, un sweat-capuche, de la bouffe japonaise, 4 paquets de kleenex, la saison 1 de Survivors, la 3 de Private Practice et The Big Bang Theory, 3 crises de larmes en me disant que ma vie était quand même pas mal un peu beaucoup vachement affreusement merdique ces temps, une hésitation à prendre un chat, ou reprendre un lapin, du surf sur internet pour chercher des chaussures de sport étant donné que dans un moment de grande vivacité intellectuelle j’ai oublié les miennes dans le métro vendredi, 138 observations de mon téléphone pour voir si je n’avais pas de messages/SMS, 6 crumpets engloutis, une moyenne de 38,2°C sans ibuprofen, 1 ou 2 grandes réflexions sur la valeur de l’amitié, des relations amoureuses et ce que l’on en retire et une conclusion finale à tout ça.
ça commence toujours comme ça avec elle, l’air de rien. Là c’était dimanche, un dimanche un peu tristounet pour moi, elle appelle, insiste pour me faire sortir de ma grotte, ne lâche pas l’affaire et je me retrouve quelques heures plus tard chez elle en train de grignoter un bout de pizza assise sur un tabouret de bar. On discute, raconte, donne son avis, discute, rit et paf. L’envie de faire des photos. C’est un problème récurrent chez elle… elle m’a déjà mis une hache entre les mains, forcée à me baigner nue dans une eau à 18°C, fait porter une méridienne pendant des kilomètres sur le sable… Alors là elle a sorti son appareil et c’était parti, pas longtemps, juste quelques minutes, juste pour capturer l’instant, les éclats de rire/ de vie. ça a donné quelques photos, l’une de mes préférées étant celle-ci, cette photo floue… parce qu’elle représente bien ce que je suis en ce moment. Les contours de la fille que je suis en train de devenir ne sont pas encore très nets, ils se dessinent doucement, souvent douloureusement. Et pourtant cette fille est là, en dessous, pas trop loin, terriblement heureuse, sereine, joyeuse. Par moment on la voit apparaitre et occuper toute la place. Par moment elle se cache dans les limbes de mon cerveau et s’enferme dans une pièce sans fenêtres. La conne. Et en attendant moi je reste floue…
Ma photographe c’est Magwann, ma Valentine, une fille belle, drôle, talentueuse et généreuse (mais qui vous abandonnerait volontiers dans le désert pour une religieuse au chocolat par contre) Allez faire un tour sur son site, et baladez vous dans ses mots, ses photos, ses sculptures, ça en vaut vraiment la peine. www.magwann.com
« Pouvoir ouvrir ses volets chaque matin, et découvrir le jour naissant, est un cadeau si précieux ! Le monde redevient frais tous les jours »
[ Benoîte Groult]
Après avoir ricané sottement dans mon lit* en répétant comme une dinde « Groult, Groult, Groult » une bonne dizaine de fois et en me disant qu’il était parfaitement impossible 1/ qu’il existe réellement un Monsieur et Madame Groult 2/ qu’en partant du postulat qu’ils existent vraiment , ils aient volontairement appelé leur enfant Benoîte, je suis allée soigner mon inculture sur wikipedia où j’ai constaté que Benoite Groult existait donc belle et bien et était une journaliste, écrivaine et féministe Française.
Et qu’elle était l’auteure de cette phrase qui se trouve être « LA » pensée du 29 janvier de mon livre des pensées du jour(le livre qui pense à ma place quand je suis aussi vive et spirituelle qu’un parpaing). Alors je la tourne et retourne dans ma tête mais j’avoue que je ne passe pas la barrière du premier degré (monde, frais, matin, jour naissant, colchique dans les prés fleurissent fleurissent, l’ami ricoré, ah mais merde il sent la vache ce lait, toi aussi rejoins les scouts de France et viens faire des chasses au Trésor dans la forêt, nan mais c’est impossible de faire un moulin à eau avec des saucisses Herta en fait, rhaaaaaaaa il y a de la mousse sur mon jean ! PUTAIN DE CAMPAGNE DE MERDE…)**
Il n’y a plus aucune poésie en moi… c’est moche, moche, moche.
En tout cas puisse cette journée vous apporter euh… fraicheur et renouveau ?
Ahem…
Vivement le 15 Avril où je réaliserai que « Dans notre vie, comme sur la palette de l’artiste, il n’y a qu’une seule couleur qui donne un sens à la vie et l’art. C’est la couleur de l’amour » [Marc Chagall]
Ouais.
*ma passion du moment mon lit, ça et la possibilité de manipuler chimiquement les sentiments et les pensées des gens qui m’entourent à grands coups de cocktail hormonal afin de m’assurer richesse, dévotion, admiration et séjours à l’étranger en all inclusive ( de créer ma propre secte quoi)
** non je ne suis pas une fille « de la ville », pourquoi ?
Cet après-midi je n’avais qu’une seule chose en tête. Cette chose-là juste au-dessus sur la photo. Mon lit. Une seule obsession complètement autiste : rentrer immédiatement chez moi, enfouir ma tête dans mon traversin et me pelotonner sous la couette jusqu’au lendemain… On m’aurait mis Brad Pitt tout nu en face de moi que je n’en aurais pas voulu. (Robert Downey Jr. je ne dis pas par contre…) Alors du coup, je me suis demandée ce dont avaient envie les gens autour de moi à ce même instant précis où je fantasmais sur ma couette magique. Juste-là. Et je peux vous dire qu’aujourd’hui entre 17h et 18h certains avaient envie d’un appart F2 60m² avec vue sur le Louvre pour 600€CC, d’un Canon 5DMII avec un 85mm 1.2, de jumelles pour un plan cul, d’un million d’euros ou de collègues avec un QI supérieur à celui d’une huître, de sexe parce qu’ils avaient déjà bien mangé à midi, d’une thèse déjà rédigée, d’un câlin qui durerait longtemps, d’un Caffè Mocha à la cannelle et de Jude Law nu sur un Chesterfield, de quitter leur job ou d’en changer, de 10 000€ sur leur compte en banque ou d’une fellation, d’une religieuse au chocolat et d’un mari, de se téléporter jusqu’à Johannesburg par pur caprice et parce que c’est déjà l’été là-bas, d’un monde sans pollution (mais non Miss France n’est pas dans mes contacts enfin…), de trois mois de vacances avec leur amoureux et des sous qui vont avec pour en profiter, de m’inviter à prendre un verre, ou encore d’un poney.
En soi ces informations n’ont aucun intérêt, si ce n’est que j’aime bien l’idée d’avoir eu un aperçu de ce qui se passaient dans leurs têtes à un instant donné. Une photo de leurs envies.
Il y a des moments dans la vie où, vous saisissant de votre dernière culotte propre qui s’avère être une splendide culotte froufroutante d’inspiration french cancan (100 % acrylique, 100% moche) avec de fabuleux nœuds accrochés à l’arrière et une délicate broderie pixellisée en nylon à l’avant, vous vous dites:
que vous allez devoir faire très très attention à ne pas vous approcher trop près d’une source de chaleur ce soir sous peine d’avoir rapidement le feu aux fesses, et ce pour de mauvaises raisons
que dans Moulin Rouge bizarrement, ça passe… mais que sur vos fesses, nettement moins.
que ne pas faire de lessives pendant plus de deux semaines se paye forcément un jour ou l’autre…
Bon. Je ne suis pas spécialement douée pour parler des artistes que j’apprécie. J’en connais qui font ça très bien, savent raconter, interpeller, attiser la curiosité. Moi et bien… disons que je pourrais rendre un bouquin fantastique aussi fascinant que l’annuaire. En braille. (Oui je sais c’est une capacité incroyable que celle de rendre tout chiant.)
Mais voilà, j’ai découvert Erica Buettner la semaine dernière avec la sémillante MHcestmoi lors d’un showcase « chez Jak » et comment dire… ce serait vraiment dommage de ne pas en parler. Alors je ne vous cacherai pas qu’en la voyant arriver dans sa robe de jeune fille sage avec sa guitare à la main et son air réservé, j’ai eu un peu peur et puis… et puis, une très jolie voix un peu mélancolique, un folk tout doux qui m’a fait penser à Aimée Mann et qui m’a beaucoup plu.
Alors allez voir par vous-même, la jeune femme est américaine et vit à paris, son myspace est là et il y a quelques photos moisies de la demoiselle par ici.
J’aurais bien écrit une note fleuve pour vous raconter mon déménagement, la façon dont nous nous sommes présentés un dimanche matin (tôt en plus) devant un garde meuble fermé, ma semi-crise d’hystérie intérieure en voyant que les codes d’entrée ne fonctionnaient pas et que mes amis arrivaient, la chance que nous avons eu qu’ils fonctionnent UNE fois et que la porte s’ouvre (hasard/statistique/mojo magique) … pour se refermer juste après, du système informatique complètement foutu du garde-meuble, de l’impossibilité à joindre un quelconque responsable, de l’alarme que j’ai déclenché en ouvrant une porte « interdite » pour faire rentrer la Petite, de l’ouverture à la Hussarde des volets métalliques, des courses dans les escaliers pour voir si l’étage où se trouvait mon box était accessible, de mon casting de déménageurs digne du prochain Ocean’s fifteen « allô ? nous sommes en place, tu peux appeler l’ascenceur », des tonnes de livres (alors que tout le monde sait que je ne sais pas lire), de salons de jardin et de canapés qui ont été portés sur quatre étages, de mon nouveau voisin que nous avons réveillé, du déballage, rangeage, feng-shuiage de l’appartement, de mon tout nouveau et tout aussi transitoire côté maniaque « non mais attention avec la moquette », de la recette de la pizza-saucisson qui ne restera vraisemblablement pas dans les annales …
… mais tout ce que je trouve à dire pour le moment c’est qu’il est 8h21, et que je suis encore en chemise de nuit à manger des crumpets alors que je devrais me préparer à aller bosser.
Un déménagement est une action qui consiste à ôter tout ou partie des biens mobiliers contenus dans un local pour les transporter vers un autre. Il peut concerner un logement, des bureaux, un local commercial, une usine, etc. et peut résulter en un changement d’adresse. Il existe des prestataires de services spécialisés dans cette activité : les déménageurs.
Même joueuse joue encore. Et cette fois, ce nouveau départ sera le bon.
J’aimerais bien que le sommeil me prenne, qu’il me porte dans ses bras, je voudrais qu’il terrasse mes monstres domestiques et qu’il m’emmène avec lui dans le refuge silencieux de l’inconscience.
Au lieu de ça, je reste assise dans mon lit à fixer l’obscurité en attendant que les heures passent, les yeux grands ouverts sur du rien, du noir, du triste, du pesant, du gâchis, du non-sens, de l’incompréhension, du ce n’est pas possible, pas lui, pas encore une fois, pas eux, pas elle s’il vous plait pas elle, pas maintenant s’il vous plait pas maintenant.
Qu’elles sont longues ces heures de nuit, qu’elles sont solitaires aussi.
Je les déteste ces heures-là, celles qui me laissent en tête à tête avec moi-même.
J’ai un truc un peu débile avec la musique, de ces chansons mojos qui me rendent à moitié hystérique et me donnent le sentiment d’être une version sublimée de moi, plus forte, plus courageuse, plus drôle etc etc… aux chansons qui me laissent doucement mélancolique et me donnent l’impression de ressentir les choses plus intensément. Je crois qu’il y a un gros coté drama-addict chez moi qui fait que j’aime avoir dans les oreilles la « bande sonore » de ma vie, avec une chanson pour chaque moment, une empreinte musicale associée à des instants précis. J’aime bien cette impression d’être une sorte « d’héroïne »*, et du coup, les choses les plus anodines comme prendre le métro, photographier la tour Eiffel chaque matin, rester parfaitement immobile en montant un escalator, remuer une cuillère dans un café trop chaud en regardant par la fenêtre prennent une autre saveur… Idem pour les choses qui me touchent ou me blessent, tout prend une couleur différente quand j’y associe de la musique.
Et là, je me dis que cette chanson d’Angus and Julia Stone est un morceau parfait pour accompagner l’après-midi d’une fille qui analyserait des données sur son ordinateur, emmitouflée dans une grosse écharpe verte en buvant du café à petites gorgées et en mangeant des clémentines…
Parfaite pour accompagner mon après-midi donc.
* ouh là… la vie dont vous êtes le héros, je crois que je tiens un concept là !