La plupart du temps, tu penses que tu es une femme, d’ailleurs tu portes très souvent des robes, des talons, des bottes, tu n’aimes pas les cols qui sont trop près du cou parce que tu as l’impression d’avoir emprunter un tee-shirt à ton petit frère et de ressembler à un petit garçon, tu mets des sautoirs, tout le temps… à tel point que ça en serait presque devenu ta marque de fabrique ces colliers de toutes les couleurs. Tu te maquilles, soulignes souvent tes yeux clairs d’une touche de noir, habilles tes lèvres d’un joli rouge profond… depuis peu de temps d’ailleurs, avant tu n’assumais pas vraiment cette bouche cerise, trop provocante à ton gout. Tu as presque toujours les ongles vernis, du rouge encore, et sur des ongles courts parce que tu trouves ça bien plus joli que sur des ongles longs.
La plupart du temps, tu penses que tu es une femme, une femme adulte, plus une enfant depuis longtemps. Tu en as les attributs et tu aimes la liberté que cela te donne.
Et puis…
Et puis des fois, quand tu te retrouves à chouiner parce que tu es trop fatiguée, à saouler tout le monde sur Gtalk parce que "ouh la la, je ne me sens pas trop bien là", quand tu fais la sieste à 18h parce que tu n’en peux plus, assise à ton bureau, la tête posée sur tes bras croisés comme quand tu avais 5 ans et que tu étais en grande section de maternelle (le gouter en moins), quand tu te réveilles en sursaut avec le hoquet parce que tu as entendu "un bruit" avec la jolie marque de tes bracelets sur la joue tu te dis alors que oui oui tu es une femme, bien sûr, tout ça… mais que bon, tu es un peu une femme en carton ascendant diadème en plastique quand même…
Il fallait bien que les vacances se terminent… (ou pas, mais je n’ai curieusement pas eu mon mot à dire dans l’affaire.)
Alors nous voilà partis pour la "quatrième saison" de ce blog, celle qui normalement voit arriver de nouveaux personnages, mourir d’anciens dans d’atroces souffrances (son pénis a vraiment été "décapité" par la porte du frigo ? quelle idée de se promener nu dans une cuisine aussi…), celle dans laquelle des tas de révélations absolument fascinantes sur les héros sont euh… révélées (oh cette fille est un homme ! oh cette fille a de la moustache ! oh cette fille aime vraiment les endives !) et celle qui signe en général la fin de la série.
A suivre donc très bientôt le récit et/ou les photos (si vous êtes bien mignons)* de Martine à la plage; Martine joue avec un bulot; Martine apprend à lire; Martine essaye de se maquiller sans pour autant ressembler à Grignette, travailleuse indépendante du périphérique; Martine est persuadée d’avoir eu une épiphanie alors que c’était juste une insolation; Martine découvre le hip-hop saucisson; Martine fait de la prévention ou encore Martine a des troubles du comportement…
Et en attendant, bon bon début de semaine !
* (copyright Magwann) (ça et le fameux crix "kékékékékékékékkékékééééé" qui est supposé attirer les maquereaux en pleine mer)
En ce moment mon activité extra-scolaire principale (en plus d’aller m’asseoir dans des salles de cinéma non climatisées à côté de vieux messieurs qui sentent de la bouche pour voir des films expérimentaux dans lesquels Nicolas Cage a des cheveux tout en faisant fondre des kit-kat ball sur ma marinière) (ce qui donne un très bel effet de « oh, j’ai été malade, j’ai vomi ») (ah ah ! c’est tellement chouette d’aller au cinéma avec moi !) consiste à faire prendre des positions un peu biscornues et pas franchement confortables à mes amis et à les prendre en photo. Enfin à prendre en photo leurs mains pour être plus précise…
Un petit projet intitulé «Inked» qui me tient vraiment à cœur et qui parle de mains, de mots, de ce qu’on est ou de ce qu’on cache, de régression un peu, de cabotinerie parfois et de douceur souvent.
Et puis un projet qui me permet aussi de jouer au ninja, de grimper sur des escabeaux, de mettre mes pieds sur les murs (et sans me faire engueuler en plus ! ), d’escalader des éviers, et surtout, surtout de passer de très jolis moments avec les gens que je prends en photo et qui sont pour la plupart « mes gens » , des personnes que j’aime beaucoup (beaucoup).
Et pour aller voir toutes ces jolies mains, on clique juste en dessous.
Edit: Et hop ! Mademoiselle luckyslug parle du projet Inked juste là…
Ce serait bien qu’on arrache les pages du calendrier à toute vitesse. Parce que je n’en peux plus d’attendre, et que je veux avoir du sable collé sur les jambes, avoir la peau et les cheveux salés, parce que je veux rester sur la plage tard le soir et devoir mettre un pull sur mon maillot parce que j’ai froid, parce que je veux danser comme une perdue sur le sable un verre de vin à la main, parce que je veux rouler fenêtre ouverte en chantant des chansons idiotes. J’ai besoin d’air, d’eau, de vent et de grands éclats de rire. J’ai besoin de revoir la mer et j’ai besoin de mon amie. Et j’en ai besoin maintenant.
(Même si je sais qu’elle me fera encore poser avec des animaux morts et qu’elle me mettra nue dans une eau à 8°C)
(Pour de vrai, je ne comprends pas. Pour de vrai, je pleure chaque soir quand la nuit tombe ou presque. Pour de vrai, je me sens boiteuse depuis que je sais, je ne marche plus droit, je ne pense plus droit, je ne respire plus droit. Pour de vrai, j’ai l’impression d’être pieds nus au bord d’un précipice. Pour de vrai, je ne sais plus où aller tellement le chagrin m’aveugle. Pour de vrai, plus j’en apprends et plus je perds de ma substance, de mon envie, de ma couleur, de ce qui me construit. Pour de vrai, je ne comprends pas qu’on mente pendant si longtemps, qu’on trahisse, qu’on joue et qu’on soit prêt à salir pour couvrir ses propres mensonges et trahisons. Pour de vrai, le chagrin me gangrène. Pour de vrai, le fait qu’on m’ait rendu malade sans aucun état d’âme me fait sentir sans valeur. Pour de vrai, j’ai peur d’être brisée. Pour de vrai, j’ai du mal à recoller les morceaux de ce que je suis. Pour de vrai, savoir qu’on a joué avec mes sentiments, mon amour et qu’on m’a gardée domestiquée par des mots et des serments sans valeurs me donne envie de hurler. Pour de vrai, tout ça fait paraitre ces sept petits trous sur mon ventre encore plus intolérables. Pour de vrai, je ne comprends pas qu’on jure sur des choses précieuses et sacrées tout en sachant pertinemment qu’on ment. Pour de vrai, je ne comprends pas qu’on soit près à inventer et mentir pour protéger sa réputation. Pour de vrai, plus j’en apprends et plus je suis malheureuse. Pour de vrai, alors qu’on murmure des mots d’amour et des promesses pour récupérer ce qu’on a mille fois bafoué et sali, j’ai l’impression de mourir un peu. Pour de vrai, je pensais qu’il était sincère et disait la vérité. Pour de vrai, je me sens terriblement seule et malheureuse. Pour de vrai, je pensais que l’honnêteté et la bienveillance étaient les plus élémentaires des attentions à avoir envers les gens qu’on prétend aimer. Pour de vrai, plus je réalise que ma santé, mes sentiments et mon amour n’étaient pas importants et plus je suis terrassée. Pour de vrai, j’ai l’impression d’être anéantie par le chagrin. Pour de vrai, ces quatre dernières années n’auront été que mensonges et trahisons. Pour de vrai, tu m’as fait mal, tu n’en as absolument aucune idée. Pour de vrai, je me bats pour avancer et laisser tout ça derrière moi mais lorsque je ne m’y attends pas, les détails me prennent à la gorge et m’empêchent de respirer. Pour de vrai, je suis entourée de personnes fabuleuses qui m’entourent de leur soutien et de leur amitié. Pour de vrai, je sais que je peux poser ma tête sur leurs genoux quand ça ne va pas. Pour de vrai, c’est sans doute l’alcool qui parle un peu ce soir et fait tomber toutes les barrières que je m’applique à dresser entre le chagrin et moi mais pour de vrai, j’ai peur de ne jamais vraiment m’en remettre.)
Mon visage à nu "maquillé" par mes nuits d’insomnies, les 15OOO questions qui ne cessent de traverser mon esprit ces derniers jours, cette chanson de Janelle Monae et cette phrase de Woody Allen que l’on m’a dite aujourd’hui et qui sonne étrangement juste.
L’avenir est la seule chose qui m’intéresse, car je compte bien y passer les prochaines années."
[Woody Allen]
Curieusement, toutes ces petites choses semblent s’imbriquer les unes dans les autres avec justesse, comme les pièces biscornues d’un drôle de puzzle.
Enfin je crois, alors dans le doute je dis que oui. Même si j’attends et si j’ai peur, si j’ai une boule au creux du ventre. Même si je me sens vulnérable et que je hais les hôpitaux et la froideur chirurgicale des blocs opératoires. Même si je crève de peur à l’idée de ce qu’ils trouveront. Même si ça touche à ma féminité et ma capacité d’être mère peut-être un jour. Même si je me sens affreusement seule en dépit de ces mains amies prêtes à me relever si je tombe. Même si je suis fatiguée de recommencer encore, de danser la même danse une nouvelle fois. Même si j’ai souvent envie de démissionner de ma vie ces derniers temps et de baisser les bras, de (me) laisser faire. Même si je domestique mon chagrin dans des éclats de rire aux terrasses des cafés. Même si ses mensonges pèsent sur ma poitrine et m’empêchent souvent de respirer. Même si "ça ira mieux après". Même si je suis entre de bonnes mains, mais que ça ne suffit plus. Même si demain. Même si. Même si, je vais bien. Enfin je crois.
Hey toi là-bas sale petit bâtard de merde ! Après une bouteille et demi de champagne dans les veines, je n’ai qu’une seule envie, t’appeler et te parler, entendre ta putain de voix au téléphone. Mais tu sais quoi ? A la place je vais continuer à boire jusqu’à ce que j’oublie et ton nom et ton putain de numéro.
Cette nouvelle chanson de N.E.R.D. parce que je ne peux pas m’empêcher de l’écouter en boucle, dans le métro en attendant mon arrêt, dans la cuisine en me servant un café, dans la salle de bain en me brossant les dents etc etc etc…