C’est ici que l’on se quitte…

J’avais vraiment vraiment adoré “Le livre de Joe“, c’était un de mes vrais gros coups de cœur littéraire de l’année dernière, du coup toute pleine de préjugés positifs sur Jonathan Tropper, je me suis dis que j’allais lire un autre de ses livres. (en fait pour être très honnête, j’avais prévu d’offrir ce bouquin à Noël mais je l’ai finalement gardé) (ahem). Mon choix s’est donc porté sur “C’est ici que l’on se quitte“, pas parce que le titre m’a particulièrement inspiré… mais parce que cétait le seul livre de Tropper qui était disponible dans la petite librairie pas loin de chez moi… (moi je crois fort au hasard en terme de choix de livres).

Et je n’ai pas été déçue.

Je n’ai pas été aussi transportée que j’ai pu l’être avec le “Livre de Joe” qui m’avait pour le coup sincèrement émue (que celle qui n’a pas chouiner en le lisant lève la main), mais j’ai trouvé ça vraiment chouette. Les thèmes restent similaires, des histoires de famille (avec un malade ou un handicapé dedans), des conflits à régler, de l’amour maladroit, du lien, de la rupture, des décès… mais le style de Tropper est là. Truculent. Intimiste. Ultra-cynique.

J’adore… (et je conseille donc).

Et comme des extraits valent mieux qu’un long blabla plein de “c’est trop bien je te jure”:

“L’érection du matin est une manifestation d’optimisme d’un pathétique sans égal. Je suis déprimé, sans amour et sans boulot, cantonné dans un sous-sol, et qui plus est en deuil, et voilà que comme une horloge bien réglée, ma queue sort fièrement de ma braguette désespérément inutile, et se dresse pour saluer le jour nouveau. Ainsi donc, chaque matin, je me retrouve face au même dilemme: pisser ou me branler. C’est à peu près le seul moment de la journée où j’ai l’impression d’avoir le choix.”

“Ses doigts minuscules s’accrochent à mon menton avec une force surprenante, comme si mon menton pouvait lui sauver la vie, comme si c’était là l’objet pour lequel elle avait tant pleuré. Je m’assieds sur le lit, pose sa petite tête contre mon épaule et respire sa douce odeur de bébé. Un jour, elle va vieillir, et le monde extérieur commencera à la tourmenter. Elle piquera des colères mémorables, elle aura besoin d’un psychothérapeute, ses seins pousseront, elle aura des boutons, elle s’engueulera avec ses parents, s’inquiètera de son poids, elle flirtera, se fera briser le coeur, elle sera heureuse, se sentira seule, elle sera compliquée, elle sera perdue, elle sera déprimée, elle tombera amoureuse, se mariera, et enfin elle aura un bébé, semblable à ce qu’elle est aujourd’hui. Mais pour l’instant, elle est pure, intacte, merveilleuse.”

Et le résumé du livre version Evène qui ne donne pas envie de le lire alors qu’en fait c’est bien:

Qu’est-ce qui est pire que d’aller enterrer son père ? Réponse : passer les sept jours de deuil qui suivent enfermé avec sa propre famille de dingues… Pour Judd, qui nage en pleine déprime, cette semaine de Shiva’h pourrait être la pire de sa vie. Famille, je vous hais ! Heureusement, il y en a au moins un qui n’est plus là pour voir ça…

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