Narcisse (et autres pensées décousues…)

Je crois que je pourrais facilement passer toute la semaine allongée dans mon lit, blottie sous ma couette à regarder mes Narcisses grandir et éclore. Et puis avec un nom pareil, je me dis qu’elles doivent avoir besoin d’être longuement regardées pour être heureuses.

Ça me manque ces moments de rien, de calme, de contemplation. Ces moments où rien n’est plus important que de regarder le soleil dessiner des ombres chinoises sur le sol, jouer dans la fourrure du lapin ou réchauffer mes pieds nus. Ces moments où le seul sens qui compte est la vue, où l’on prend le temps de regarder vraiment sans se contenter de voir. Ces moments où mes pensées divaguent, où les idées naissent dans quelque endroit de mon inconscient, vagabondent et suivent leur propre voie avant de venir effleurer ma conscience.

J’ai beaucoup parlé de ça ces derniers temps avec mes ami(e)s… du « temps » justement.

Tout va parfois très vite, et il me semble que l’instantanéité du net, des mails, de twitter… tout ça suit un rythme qui n’est pas toujours le mien mais que je me surprends parfois à suivre quand même, un peu contre mon gré. Comme si la rapidité des moyens de communication créait une sorte d’état d’urgence. Une nécessité à réfléchir vite, décider vide, répondre vite sous peine d’offenser ceux qui nous écrivent.

Sauf que cette immédiateté ne suit pas « le rythme de l’humain »*… le besoin de réfléchir, de laisser de côté et d’y revenir plus tard, de faire autre chose en attendant que ça mature.

Je ne dis pas qu’il faut regretter l’époque du Pony express et des courriers qui mettaient des semaines à arriver, mais je me dis que se laisser le temps et regarder les Narcisses éclore, c’est parfois salvateur…

(il n’y a que 6 heures entre ces deux photos…)
*copyright la dame du jeudi

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