12/01/2012Les bains…
J’aime bien prendre des bains.
C’est enveloppant, rassurant… ça m’apaise.
Je fais toujours couler l’eau très chaude et puis j’y mets un pied. Pied que j’enlève aussitôt en poussant un petit cri de surprise et de douleur, parce que l’eau est à chaque fois bouillante, à chaque fois un rien plus chaude que ce que je pensais… Alors, je me recroqueville sur le bord de la baignoire et j’attends patiemment que l’eau refroidisse, un peu… Parfois je lis distraitement un livre, parfois je ne fais strictement rien…
De temps en temps je mets un peu d’eau froide, quand j’en ai assez d’être patiente. Et alors je marche dans la baignoire à petits pas pour mélanger l’eau, trois pas dans un sens, trois pas dans un autre, de petites longueurs mécaniques et répétitives dans lesquelles je m’absorbe. J’aime bien mélanger l’eau avec mes pieds.
Tout comme j’aime le bruit de l’eau qui coule.
Elle est un peu idiote cette phrase, et pourtant je souris en l’écrivant parce qu’elle est vraie, j’aime le bruit rond et chantant de l’eau… d’ailleurs puisque j’en suis à remplir ma hotte de clichés, j’aime aussi l’odeur de l’herbe coupée, de la terre après la pluie, et de la bougie que l’on vient de souffler.
J’aime ça terriblement.
Je le prends chaud mon bain, bouillant même, à en avoir les cuisses et le ventre rouge. Chaud parce que la chaleur m’anesthésie, chaud parce qu’alors la pièce se remplit de buée et que mes cheveux se collent en petites mèches sur mon front moite, et surtout chaud parce qu’un chagrin dans un bain bouillant n’a ni la même gravité ni la même lourdeur qu’un chagrin dans un lit froid.
Parfois je prends un livre, et au bout de longues minutes je m’endors, bercée par la chaleur.
Parfois encore, je mets ma tête sous l’eau et je retiens ma respiration en égrenant méthodiquement dans ma tête les secondes qui passent.
Le bain est quelque chose de particulier pour moi.. C’est un endroit où je ressens une multitude de choses… où je laisse se dissoudre dans l’eau mes pensées grises, mes tristesses et mes déceptions ordinaires comme autant de petits comprimés effervescents et c’est en même temps un endroit si anesthésiant que je n’y ressens presque plus rien.
Presque…



































