(…)
Elle:
Je vais probablement arrêter d’écrire, pendant un moment en tout cas…
Lui: Pourquoi ? tu n’as plus rien à dire ?
Elle: Non. Je ne m’y retrouve plus, tout simplement
Lui: ça se tient.
Elle: (sourire) merci du compliment !
Lui: Je dis juste que ta raison est “valable”, ce n’est pas une question de lectorat …
de nombre de visites ..
Elle: non…
Lui: C’est juste que tu n’es plus « dedans » et donc tu arrêtes, ça se tient !
Elle: Je n’aime plus ce que j’écris, je ne m’y retrouve plus.
Lui: Et tu voudrais écrire quoi ?
Elle: Je ne sais pas, je voudrais juste que les mots viennent seuls, qu’ils soient faciles, légers, parce que c’est ce qu’ils étaient avant. Mais là je dois aller les chercher. Et ils se cachent…
Lui: C’est mieux, non ?
Elle: Qu’ils se cachent? non!
Lui: Pourtant, si c’était facile, si ça ne te réclamait rien, ça servirait à quoi ? Tu apprends à te connaître, à te remettre en question, à t’adapter aux autres et à toi, seule là-bas …ce n’est pas facile et ça te coûte. Et ça se ressent dans ce que tu écris… Mais ce n’est pas un problème, juste un moment. Alors si tu dois arrêter, si tu sens que c’est comme ça, fais le. Tu ne dois rien à personne.
Elle: Je me sens morcelée. Je crois qu’il y a de ça, je suis éparpillée, j’ai laissé des bouts de moi à Paris, des morceaux de cœur. Et j’ai du mal à tout rassembler, à me rassembler. Je n’appartiens pas encore à cet endroit et pourtant, c’est évident que je n’appartiens plus à ma vie “d’avant”. Voilà, je suis en transit. Et mon identité aussi.
Lui: Dans les limbes …
Elle: C’est sombre les limbes, non?
Lui: Oui …Mais tu changes, je le sens…Et je ne suis pas sûr que tu aies vraiment envie de récupérer tous les bouts de toi laissés en chemin …à Paris …en Bretagne …dans ce blog…tu mues …te débarrasses de ton ancienne peau …
Elle: Pour aller vers quoi? je ne me sens pas sereine. Je suis pas sûre de ce que je veux et plus sûre de ce que je vaux.
Lui: Mais tu ne peux pas l’être.
Elle: J’ai l’impression de régresser plus que d’avancer et je peine à retrouver l’envie.
Lui: Et si ça n’était plus ton carburant, l’envie ? tu y as pensé à ça ?
Elle: ça l’a toujours été
Lui: Et si c’était autre chose ?
(…)