Le petit monde de balbc

le “avant” et le “après”! avant et après quoi? who cares… me contacter: ba_lb_c@yahoo.fr

Archive for May 15th, 2007


Plugged…

Tout à l’heure dans le bus, j’ai repensé à une drôle de rencontre que j’ai faite l’été dernier…je partais rejoindre ma sœur à Dijon pour quelques jours, elle avait besoin que je sois là et moi j’avais besoin d’être avec elle… Je me souviens être montée dans le TGV, avoir envoyé un sms à une amie en lui disant « pourvu que ce soit un beau jeune homme qui s’assoie à côté de moi… », et puis un homme est monté et s’est installé, et moi comme une gourdasse j’ai ré-envoyé un sms en disant « pas de chance, c’est un gay de 60 ans qui lit Public…et en plus son chien me lèche les doigts de pieds ! »

Et pourtant cette rencontre est l’une des plus jolies rencontre que j’ai pu faire…nous nous sommes parlés pendant tout le voyage. Il m’a parlé de sa séropositivité qu’il avait depuis plus de 30 ans, du fait qu’il n’avait jamais rien mis de côté en prévision du moment où il serait vieux parce que justement, vieux, il pensait tout simplement qu’il ne le serait jamais. Et qu’il mourrait bien avant. Il m’a raconté ses histoires d’amour malheureuses et moi je lui ai raconté les miennes, enfin…la mienne. Ce qui est étrange, c’est que j’ai pleuré avec cet étranger, et lui avec moi…je ne sais pas…c’est comme si un lien très fort s’était créé entre lui et moi, alors un lien certes très éphémère…mais très fort tout de même. Je me souviens lui avoir parlé du doute dans lequel j’étais plongée face à cette thèse que j’écrivais, de la peur que je ressentais face aux choix que j’allais devoir faire…arrêter la recherche ? partir en post-doc ? en France ? à l’étranger ?

Et puis, nous sommes arrivés à Dijon et j’ai vu sur le quai de la gare ma sœur qui m’attendait, les yeux remplis de larmes. Nous nous sommes prises dans les bras, lui est resté quelques secondes un peu indécis je crois, comme si il attendait quelque chose, et puis il m’a fait un sourire un peu las et il est parti avec son petit chien lécheur de doigts de pieds rejoindre la foule des gens qui s’engouffraient dans les escalators…

Je regrette de ne pas lui avoir donné mon numéro de téléphone, mon nom…au final je ne sais rien de lui, juste qu’il habitait Montmartre et que nous avons partagé un peu de nos vies tous les deux…

(…)