Where is my mind…
Where is my mind ? Voilà ce qui retentit dans ma tête ce matin au réveil…et alors que je suis debout sur mon balcon en train de regarder les montagnes et le lac, les Pixies à fond dans l’appartement à 7h du mat’ (oui oui Mme R…. le chœur des Tyroliens borgnes c’est juste celle d’après), buvant à petites gorgées un café qui me brûle les doigts et la langue (j’aime bien lorsqu’il brûle le café…et que j’y laisse quelques papilles), et bien voilà, je me pose la question… Where is my mind ? je ne sais pas…ma vie est compliquée en ce moment, l’expatriation est plus difficile que ce que je pensais, parce que même si c’est la Suisse et qu’on y parle un français bucolique à base de « ou bien », de « ça joue », de « c’est monstre bien » (huh ?!!) et bien ce n’est pas la France, ce n’est pas Paris et mes « gens » me manquent parfois si douloureusement que ça me couperait presque la respiration…
Pourtant je crois que je vais bien, en tout cas que je crois que je ne vais pas mal… Etrange cet état d’entre-deux, où vous pouvez passer d’un bonheur intense à une souffrance terrible en l’espace de quelques heures…
Je n’ai rien de spécial à dire, et pourtant je ressens ce besoin viscéral de venir ici. D’être là. Même si c’est pour y être silencieuse, même si c’est en pointillés, comme pour m’assurer que le pont entre vous et moi existe toujours, et que je pourrais traverser dès que j’en ressentirai le besoin…
Dans le fond, lorsque je dis que je n’ai rien à dire c’est un peu faux… j’aurais au contraire tellement à vous dire, tellement à vous raconter de ce que je vis en ce moment, de ce que je ressens…
En ce moment, j’ai des envies de douceur, des envies de me réveiller dans la tiédeur du corps d’un homme, d’être prise dans ses bras et de pouvoir enfouir mon visage dans cet espace si délicat qui existe entre la clavicule et le cou… depuis quelques temps j’ai réalisé avec effroi que j’avais aussi des envies d’enfants (saleté de crise hormonale?) . Alors pas maintenant. Pas tout de suite. Mais le fait est que je n’avais jamais eu ce genre d’envie auparavant… A vrai dire, mes contacts avec les enfants sont en général assez catastrophiques… il faut dire aussi que je suis la « tata » qui les emmène passer 2 heures au Musée de l’homme ou à la Cité de la Science, qui leur offre un livre FAN-TAS-TIQUE d’expériences scientifiques à réaliser à la maison…ahem… je ne sais jamais trop comment leur parler ni de quoi leur parler…
Et puis là, je ne sais pas… j’ai envie que “ça” soit une réalité un jour pas trop lointain et pas seulement quelques mots sur un écran d’ordinateur…
Tenant par une oreille son lapin en peluche, mon petit ange vient poser sa bouille songeuse et inquiète sur mes genoux. Sa respiration ou plutôt ses inspirations sont irrégulières, comme gênées par une série de pensées trop lourdes. Je caresse ses cheveux et romps le silence :- Quelque chose te tracasse ma douce ?
- Aujourd’hui je me suis faite grondée et je n’aime pas ça
- Comment ça ? Tu as fait une bêtise ?
- Mais non justement ! J’ai vu Baptiste voler une gomme super moche…alors j’ai dit que c’était pas bien devant tout le monde et il m’a traitée de sale crâneuse cafteuse qui pue des pieds !
- Ce n’est pas se faire gronder ça tu sais
- Oui je sais ! mais la maîtresse a dit que c’était pas bien de rapporter
- C’est vrai que ce n’est pas beau de rapporter
- Je ne comprends plus rien aux règles des grands
- Quelles règles ?
- Ben il parait qu’il faut jamais mentir et toujours dire ce qu’on pense.
Oui, je crois que j’aimerais assez….
Voilà…un long post pour ne pas dire grand chose…Ah si, je vous souhaite une bonne journée.




